lundi 10 février 2014

Notre appartement Torontois

Avec l'Homme, voilà plus d'un mois que nous avons emménagé dans notre nouveau cocon. On essaye de faire des petits changements une fois par mois (comme la sirène des pompiers. Non en fait, comme le chèque de paye.). Enfin, je dis "nous", l'Homme il s'en tamponne un peu tant que je peins pas la baraque en rose Barbie.

Du coup, j'avais envie de faire un petit truc légèrement différent de d'habitude parce que j'adoooore visiter chez les gens via la blogosphère. Et que l'appart commence à prendre forme.

Sans plus attendre, voici une petite micro visite de notre chez nous :





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mercredi 5 février 2014

Ces choses que je fais depuis que je suis à Toronto


Voilà presque un an que j’ai posé mes valises dans la neige Canadienne. J’ai vu défilé les quatre saisons (enfin l’hiver bouffe un peu le printemps quand même), j’y ai mes habitudes, les rues de Toronto sont devenues plus ou moins familières, j’ai déménagé une fois, mes mots british ont pratiquement disparus.
 
Le tout s’est fait doucement mais sûrement. A tel point que quelques fois, je suis surprise de penser à ma vie Française, et ses habitudes que j’ai remplacé par des nouvelles, qui je dois dire, me conviennent beaucoup mieux. 
 Sans plus attendre, voici certaines frasques qui font maintenant parties de mon quotidien.

#1 Je vais acheter du lait à 23h. Ici, certains magasins sont ouvert H24. Médicaments, et épicerie sont donc dispo constamment. C’est clair que ça change du Champion qui ferme à 19h (ça existe encore d’ailleurs Champion ?). Je bénis ces magasins quand je viens de me brûler la main sur la plaque, qu’on est dimanche et qu’il est 22h. 
#2 Je mets des jupes constamment et tout le monde en a rien à carrer. En un an ici, je ne me suis JAMAIS pris de réflexion ou de regard louches suite à la façon dont je m’habille. Ça rejoint le « je sors sans maquillage et je m’en fous. Et les autres aussi. » Je ne l’aurai jamais fait à Paris. No judgement = freedom.
#3 Je mets des bottes en caoutchouc. Oui vous avez bien lu. Bon, qu’on se rassure : pas la version Point Vert (ça existe toujours Point Vert ?), une plus jolie version, mais quand même, ce sont des bottes en caoutchouc.  LE anti-fashion de la mort qui tue, limite sur le podium avec les sandales/chaussettes. Et figurez-vous que, quand il y a 15 cm de neige, tu t’en tapes d’être fashion, tu veux tes pieds secs. Et tout le monde a d’ailleurs la même conception des choses : la pratique avant l’apparence.
  
#4 Quand je vois qu’il fait -10°, je me dis qu’il ne fait pas froid et j’ai d’ailleurs trop chaud avec mon gros manteau conçu pour -20. Du coup, c’est mon manteau Parisien qui ressort et il est largement suffisant. Pourtant, je ne me suis pas transformé en Yéti.

#5 Je cuisine beaucoup plus. À défaut de ne pas trouver ce que je veux, je le fais moi-même. Je me rends beaucoup plus compte de la malbouffe qui règne ici, et je crois que je n’ai jamais mangé aussi sainement. (Sauf quand j’habitais chez papa/maman enfin !) Je me tourne de plus en plus vers le naturel, étant témoin du ramassis de cochonneries que les gens ingurgitent dans leur quotidien.
 
#6 J’ai vu un nombre incalculable de gens pas bien dans leurs têtes. Je ne sais si c’est parce que Toronto est censé être le centre de l’univers, mais je n’ai jamais vu autant de gens dérangés. Entre un qui s’arrête pour manger des feuilles, et l’autre qui, au supermarché, berce son caddie vide en chantant une berceuse, je me dis que le froid a du leur congeler quelques neurones. Heureusement qu’ils sont plus ou moins inoffensifs. Et là encore, tout le monde s’en tamponne.

 #7 J’entends des expressions Québécoises et je ne comprends pas leurs significations. J’attends toujours qu’on m’explique le « swing la bacaisse dans le fond de la boite à bois »
 
#8 Je trouve que le hockey est super violent, mais les fans sont beaucoup plus civilisé que les gugusses qui trainent dans les stades de foot.
#9, last but not least : je ponctue mes phrases de "eh"

Bisous, bisous !
J.

PS : au fait, je souhaite un bon courage à tous ceux qui entament la procédure des PVT Canada...





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mardi 28 janvier 2014

Chère France, tu n'es pas prête de me revoir.

Chère France,

Immigrée depuis 2 ans maintenant, c'est ta ville de Paris qui m'a poussée à mettre les voiles. Toi qui est un beau pays pleine de bonnes valeurs, je n'en pouvais plus des gens qui font la gueule, des gros pervers qui regardent les femmes comme des bouts de viande, de ton insécurité grandissante et ton métro dégueulasse.
Tu vois, à l'étranger, on a toujours cette réputation de classe, légèrement snobinarde sur les bords, mais c'est pas grave, on a le droit apparemment. Ce qui, je ne vais pas te mentir, me donnait une bonne fierté patriotique quelques fois.

Mais voilà, France, depuis 1 an et demi, je me demande sacrément ce que tu fabriques.

Maintenant, je peux te dire que je ne me sens plus Française. Je n'appartiens plus à tes groupes de gens détestables qui se plaignent constamment, qui sont beaucoup trop nombreux à mon goût. Cette haine mutuelle contre tout et n'importe quoi. Tu ne peux pas savoir comme ça me fait de la peine de voir tes problèmes qui grandissent sans arrêt. Les Français n'ont plus cette réputation de classe, qui nous allait bien pourtant.

Tu sais, ici, je te raconte aux jeunes femmes qui s'en vont à Paris, le coeur sur la main, les paillettes dans les yeux. Je leur explique de ne faire confiance à personne et de faire attention à ces gros pervers, car je sais qu'elles vont y avoir droit, jolies et innocentes comme elles sont. Je leur brise un peu leur rêves de Paris pour ne pas qu'elles soient trop déçues.

Je tiens toujours à toi, France. J'essaye de discuter avec des gens qui n'ont pas perdu tes belles valeurs. Je ne renierais jamais mes origines. Une partie de moi restera toujours fière d'être française. Mais ça devient de plus en plus dur. Et surtout, je ne suis pas prête d'y remettre les pieds définitivement, Dorénavant, ce sera en vacances familiale, ou pour visiter ton beau patrimoine uniquement.

Ne m'en veux pas. Je sais que tu patauges bien dans la semoule en ce moment mais je me suis trop habituée à d'autres valeurs beaucoup plus humaines. Et je ne peux plus faire marche arrière.


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vendredi 27 décembre 2013

Soyez heureux bordel.

Maintenant que les fêtes sont terminées, me revoilà sur la blogosphère. Et croyez moi j'ai des choses à dire. J'ai même dû faire une petite pause de certains blogs que je suis.

Il ya des petites choses que j'ai remarqué ces dernières semaines. D'abord, il y a eu les articles anti-Noël. Vous savez, ceux qui disent à quel point Noël c'est surfait, que les gens sur-consomment, on mange trop alors que des gens crèvent la dalle, les cadeaux c'est naze, je suis en retard pour les miens, tata Jeannette me gonfle... Les mêmes qui, étrangement, ne pipent pas mot le jour de Noël, rien. Ben oui, ces râleurs en cartons sont quand même bien contents d'avoir leurs cadeaux de la surconsommation accompagnés de leur verre de champagne/foie gras. Sweet Irony.

Cependant, le lendemain de Noël signifie les retours des râleurs. Franchement, quelle horreur ce repas de famille, c'était chiant. Puis j'ai eu des cadeaux moches en plus, regardez. Puis on passe aux résolutions de la nouvelles année qu'on tiendra pas toute façon.


Je me demande si on en est arrivé à un point où certaines personnes sont devenues tellement blasées qu'elles se doivent de rester dans leurs vies qui ne leur plaisent probablement pas (bah oui, sinon y aurait pas de raison de râler) et de le partager avec le reste du monde. (Coucou Facebook)

Parce qu'il est tellement plus facile de râler que de changer ce qui ne nous plait pas dans notre vie.

Alors mesdames, messieurs les râleurs, voici ce que je me suis retenue de vous dire ces dernières semaines (la magie de Noël, tout ça) :

A cause de vous, j'ai eu presque honte d'aimer Noël. Puis je me suis resaisie, je n'allais quand meme pas vous donner ce que vous souhaitiez.

Personne ne vous force à surconsommer. Ou à trop manger. Ou à faire des cadeaux. Si les gens qui crévent la dalle prennent votre conscience, qu'attendez vous pour les aider ?

Si vous êtes tellement malheureux dans votre vie, pourquoi ne pas la changer ? Vous connaissez le fameux "if you don't like where you are, change it, you are not a tree" (si vous n'aimez pas ou vous êtes, changez, vous n'êtes pas un arbre) Et bien, voici votre nouveau mantra. De rien.

Ah, (pardon maman pour ce qui va suivre) à propos de vos résolutions, sortez vous les doigts du c*l et soyez la personne que vous avez envie d'être.

Et enfin, merci. Parce qu'au moins, je ne suis pas comme vous.

Vivement qu'on critique la St-Valentin ! Bisous, bisous.

Bravo à Nicolas pour son "I Want to Change", à mon amie Morgane qui s'occupe de son bébé seule, à toutes mes copines de lycée qui voyagent partout, à Junkan qui fait ses défis tous les mois, à Jasmin qui prévoit son retour en Europe, à tous ces gens qui réalisent leurs projets.
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dimanche 1 décembre 2013

Le jour où j'ai décidé que je ne travaillerais plus gratuitement.

Le déclic. Quand le moral dit STOP. 

Ce qu'il faut savoir quand vous êtes photographe (ou autres métiers de création, clin d'oeil aux graphistes, illustratreurs, coiffeur, maquilleur and co) c'est que vous entendez souvent LA phrase magique :

"tu le fais gratuitement, et ça va t'apporter plein de contact, d'argent, célébrité." 

(rayez le mensonge inutile) 


Du coup, tu donnes ton coeur et ton temps sur un plateau pour ce projet, en te disant que ce ne sera pas pour rien. Malheureusement, les 3/4 du temps, c'est pour rien. Mais vraiment.
Ça fait 5 ans que je bosse en photo, je n'ai jamais eu de contrats rémunérés suite à une prestation gratuite. JA-MAIS. Parce que oui, il y a un effet boule de neige. Genre tu bosses gratuitement une fois, et hop, machin te demande aussi gratos, comme tu l'as fait pour bidule, machin devrait y avoir droit aussi, et c'est bon pour ton portfolio, tu vas pas te plaindre en plus.

C'est exactement ça.

Il y a 5 ans, je faisais un peu tout et rien, je débutais, les rendus n'étaient d'ailleurs pas terrible. Après, j'en ai eu un peu marre, et je faisais gratuitement des projets qui me tenaient à cœur. J'ai arrêté les événements où ils ont un budget alcool très élevé et toi, ils ne "peuvent pas te payer"(ça d'ailleurs, c'est l'un des plus gros foutage de gueule du monde)

Mais ça c'était avant. Avant mon rendez-vous d'hier. Rendez-vous que je pensais être important. Celui que je pensais être pour un magazine, un édito, rémunéré. Une connection, un entretien. De l'espoir.

Et bien, vous auriez du voir ma tête quand j'ai appris que ce n'était en fait qu'une collaboration, sans grand intérêt pour moi. Mon coeur a dit stop.

Mais hier, je suis sortie du meeting le coeur gros. Je m'étais déjà embourbée là-dedans. Je ne laisse pas tomber les gens. J'ai donc décidé que ce service serait mon dernier. C'est un au-revoir (avec un potentiel doigt d'honneur pour les gros profiteurs) que j'annonce à tous ces gens/menteurs qui n'ont pas de budget. J'ai décidé d'enfin croire que mon travail a suffisamment de qualité pour être rémunéré.
J'ai décidé de stopper maintenant avant d'en être dégouté. Je continuerais des collaborations où personne n'est payé, où on se rend réellement service. Pour des projets communs. Où tout le monde y gagne. Sinon, c'est fini. 

Je suis certes sortie le coeur gros, mais grandi aussi. Cet instant, cette minute, a débloqué quelque chose. J'ai réalisé que j'avais appris à faire la différence entre les profiteurs et les bonnes causes.

Je veux que les gens réalisent que si je fais quelque chose gratuitement, c'est un putain de privilège. Et non parce que j'ai "besoin de vues sur mon portfolio". Il va très bien merci.
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mercredi 16 octobre 2013

T'es bien Française toi !

Oh toi, immigrante Française ou simple touriste, as-tu déjà entendu le fameux "ça se voit que tu es Française toi !" alors que tu n'as même pas ouvert la bouche ? Oui ? Je le savais.

Ayant quitté la France il y a presque un an (déjà !) pour des pays anglophones, je l'ai entendu mainte et mainte fois. Surtout vivant à Toronto. C'est vrai qu'en tant que Français, nous avons des traits de personnalités qui nous sont propres. Certains pour le meilleur, d'autres.. pour le pire.


Le top 5 de ce qui, apparemment, nous caractérisent, nous, Françaises : 

# 1 La Française est .... têtue.
Là où c'est plutôt pas mal : On cherche une solution à des problèmes, on s'acharne, on travaille d'arrache-pied.
Là où ça pue : on en crée AUSSI des problèmes. Si quelqu'un n'est pas d'accord avec toi, il y a forcément une partie de toi qui va essayer de le convaincre. Allez, admettez-le.

# 2 La Française est relou se bat. Pour ses idées. Pour son avenir. Pour ma part, j'ai beaucoup de mal à accepter une situation qui ne me plait pas. Ce qui est plutôt positif dans ma vie en générale, ça me permets de me bouger le luc pour évoluer. Ça l'est moins quand cette situation ne me concerne pas. Par exemple, le fait que quelqu'un dans on entourage fasse un truc qui ne me contente pas, ça m'attaque personnellement. Mais je me soigne.

# 3 La Française est sceptique. On fait confiance à personne. Un sac à main sans fermeture éclair est un risque. D'ailleurs le minimum si tu somnoles dans les transports, tu enroules ta lanière autour de ton bras. MI-NI-MUM. Les gens dans la rue qui t'arrêtent ? Ils veulent te vendre un truc. Ou te draguer lourdement. Ou les deux si t'as la poisse. On est pas gentil sans raison. Le point positif de ça, c'est que tu avances seule et considère "on est jamais mieux servi que par soi-même" comme ton mantra. Ce qui est plutôt vrai.
Le négatif ? Tu seras une vieille parano.


# 4 La Française voit le négatif AVANT le positif.  Parce que shit happens. En même temps, vaut mieux être agréable surpris que énormément déçu. Non ? Non.

# 5 La Française a la classe. Je l'aime bien celui-ci. Sauf quand il est interprété dans le sens de "tu te lâches jamais, je suis sûre que quand tu pètes ça fait des paillettes". Mais restons positif (référence #4 direct dans la face), je garde le côté glamour et paillette de la chose. On respire la classe à l'étranger. Enfin, surtout quand on est une nana. D'ailleurs, un collègue de Fanny lui a même dit qu'on avait le droit d'être hautain en tant que Français. Ça contredit bien le "Les Françaises ne s'épilent pas et pue du genou" (que je n'ai jamais entendu d'ailleurs.) 



Sur ce : BARREZ-VOUS LES FILLES ! 
 
Joie, bonheur, prospérité et Speculoos.

xoxo

J.

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mercredi 25 septembre 2013

Bon, maintenant ça suffit les intoxs

J'ai toujours voulu partir à l'étranger. Depuis que je suis gamine, je me voyais parler 3 langues. Bon, j'en suis à deux, mais c'est déjà pas mal. 

Du coup, comme toute immigrante qui se respecte, je lis des témoignages des gens qui l'ont fait avant moi. Surtout via le site immigrer.com, qui se concentre pas mal sur le Québec (je rappelle pour ma part que je suis à Toronto, en Ontario). Et des bilans, il y en a des beaux et des catastrophiques.



Ce qu'il faut savoir avant d'immigrer dans une pays, surtout concernant le Canada, c'est que la réalité n'est JAMAIS comme on l'imagine. Si vous envisagez de partir dans ce beau pays, des étoiles plein les yeux, je vous conseille sérieusement de BIEN vous renseigner avant de faire quoi que ce soit. Et je vais vous aider, parce que je suis gentille (et parce que j'en ai aussi marre de voir des gens naïfs bisousbisous)

Mettons en scène Gérard, qui envisage de quitter la France parce que ça pue, c'est nul et blablabla

- "L'immigration, c'est facile là-bas, c'est Français." dit Gérard
Ben oui voyons. On te déroule même le tapis rouge en arrivant. 
Effectivement, le Canada comporte UNE province Francophone (et non française) qu'est le Québec. Sinon dans les 12 autres, c'est rare quand ils parlent un semblant de Français. Et Gérard, ne te comporte pas comme un jambon, chaque pays a ses propres règles d'immigration, et oui, il y a quelques années, on favorisait l'immigration des travailleurs QUALIFIÉS (quitte à prendre des immigrants, autant qu'ils servent à quelque chose pour l'économie du pays). Maintenant, avec la MASSE de Français souhaitant partir, tu crois sérieusement qu'ils te veulent ? Pourquoi ils laisseraient passer un Français alors qu'un Canadien est déjà sur place, peut légalement travailler aussi longtemps qu'il veut pour faire la même chose ?
Ce qui du coup vient à démontrer que non, l'immigration n'est pas facile. Elle coûte chère (entre 1500 et 3000 dollars pour les résidences permanentes) et elle est très contrôlée.


- Gérard ajoute "j'irai sur place en touriste et je chercherais du taf comme ça"
Ben tiens. Si c'était aussi simple, tu ne crois pas que TOUT le monde ferait ça ? Minute culture, vient que je t'éclaire ta lanterne Gégé : transformer un visa de touriste en un permis de travail est INTERDIT. Point final. Pas de mais, j'ai dit. Du coup, soit tu pars avec un visa libre, soit ton taf, tu l'as déjà depuis la France. Et t'inquiète pas que si tu tentes et qu'ils le captent à la douane, tu repars dans le prochain avion.
Tu croyais m'avoir eue hein ?!
- Gérard n'abandonne rien en disant "ça posera pas de problème, ya du taf là-bas"
Mon petit margoulin, je vais te passer quelques numéros d'amis qui ont entre 1 et 15 ans d'expérience dans un domaine qui a, normalement, des débouchés (j'entends ingénierie, informatique, gestion and co) et qui se retrouve au bout de 6 mois, toujours sans travail. Pour faire référence à ma première explication, pourquoi un employeur embaucherait un Français alors qu'un Canadien peut faire la même chose, sans paperasse ? Et puis tu crois quoi ? Que tu sors de chez toi et on te propose des jobs de PDG comme ça ? Bien sûr que non. Oui, du travail tu en auras, mais comme serveur. CQFD.


- Gérard blêmit un peu quand même, et tente un "du coup, trouver un travail à salaire correct dés le début, c'est...."
Dur. Voir impossible si tu n'as aucune expérience Canadienne. Exemple : je suis photographe depuis 5 ans. J'ai bossé à Paris, à Londres pour des gens connus là-bas et qualifiés. Je suis arrivée ici, me disant que ça allait forcément m'aider. Des studios ont lu mon CV et m'ont dit clairement "sinon, vous avez travaillé pour qui au Canada ? Parce que lui, je m'en fous, je le connais pas." Conclusion: tu feras comme tout le monde : du bénévolat (très en vogue ici) et tu commenceras en bas de l'échelle. Expérience ou non.

Je sais, je sais. Calin.
Mais je ne veux pas l'achever Gérard, il est pas méchant, il est juste un peu con-con. On va lui redonner de la couleur quand même. Tu peux être chanceux aussi et t'entourer de gens très bien, ça arrive. Il ne faut pas généraliser.

Cependant, j'aimerai qu'on arrête de croire les reportages télé français avec "Machine est partie au Canada monter son entreprise de clés à molette comme ça, finger in the nose." Oui, peut-être que Machine a réussi. Mais Machine, elle a du en baver aussi un peu, et ça on ne te le dit pas.

Partir c'est génial. C'est un risque, un changement radical. Mais il faut savoir où tu mets les pieds. Tu ne tomberas pas forcément sur des gens adorables. On enjolive le Québec, mais ils ont aussi des problèmes là-bas. Du racisme envers les Français, des arnaques, notamment immobilières, du foutage de gueule. Comme partout. J'ai lu tellement de témoignages de personnes parties avec des enfants, comme ça, du jour au lendemain pour se retrouver endettés, ruinés, dépités. (Et d'ailleurs, beaucoup de commentaires Québecois disant que "si t'es pas content retourne dans ton pays, on a pas besoin des immigrants." mais faut pas le dire)

Allez Gégé, une tape dans le dos et ça repart. 



(PS : Messieurs se prénommant Gérard, je vous aime et je ne vous prends pas pour des cons. Bisous bisous)
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