samedi 19 janvier 2013

Comment travailler dans un bar Anglais change la vision sur l'alcool. Enfin la mienne.

Comme je vous avais pas assez parlé de "c'est-quoi-de-bosser-dans-un-pub-anglais", je me suis dis que j'allais en rajouter une petite couche. Genre, j'ai eu l'illumination dans le bus en rentrant chez moi. Y'en a qui parle de neige, moi d'alcool. Voilà. 

Si vous n'avez pas quitté cette page en pensant que ça allait manquer sérieusement d’intérêt, et que vous ne me connaissez pas personnellement, vous devez savoir que je ne suis pas originairement une grande buveuse. Mon but dans la vie n'est pas de me déchirer la tronche au point de ne plus savoir pourquoi je me suis retrouvée dans le lit de Pierre-Paul-Jacque, avec un lama, habillée en Buzz l'Éclair (non, ce n'est pas du vécu, y avait même pas de lama ! blague).
Évidemment, je suis humaine et curieuse, ça m'est donc déjà arrivée d'être assez pompette joyeuse, une fois, en 1998. Bref.
Histoire de rajouter une couche sur le stéréotype de "l'Anglais boit comme un trou", je suis fière de vous annoncer que c'est... rarement un stéréotype. Surtout que maintenant, il ne se passe pas UN jour sans que je vois le phénomène jesuiscomplétementpété(e) se présenter à moi, normal, sachant que c'est moi qui sert l'eau-qui-réchauffe-la-gorge-et-qui-fait-rigoler. J'irai d'ailleurs en enfer pour ça.

Je pense que la première claque que j'ai pris, c'est le jour où une charmante jeune femme s'est présentée au pub, histoire de retrouver des amis je présume, toute jolie dans sa beeelle robe en dentelle noire, son chignon sans un poil de fesse qui dépasse et un make-up aussi soigné que sur Vogue.
Quelques verres plus tard, reprenez cette même jeune femme et imaginez la maintenant débraillée, le chignon type banane écrasée qui dégouline, le trait de eye-liner qui arrive maintenant aux genoux. Rajoutons pour le style que cette créature se trouve en train de pleurer pendant 20 secondes, pour ensuite rire aux éclats. Puis de re-pleurnicher. Incompréhension totale. La classe à Dallas.
(Hey, messieurs, ça ne veut pas dire que vous êtes plus classe. Même pas du tout.)

Bilan de la vision : "sérieux, ne fais jamais ça, ça fait quand même bien pitié."



La deuxième claque que j'ai pris, ça a été aujourd'hui, par un de mes collègues. Sachant que mon départ au Canada approche, un collègue me suggère une potentielle soirée-de-départ-quand-même-Juliette-tu-vas-nous-manquer. Après 34 secondes de conversations, il lâche un somptueux "non, mais franchement, j'ai envie de me bourrer la gueule." Ah. Soit. Mais la claque n'est pas arrivée à ce moment là, mais plutôt quand tout mes collègues se sont mis à renchérir en disant que c'était quand même une vachement bonne idée et une bonne occasion de se mettre une bonne mine, ho ho ho. J'ai d'abord ri. Et j'ai réalise qu'eux, ils ne riaient pas. J'ai donc lâché un naif "ah, parce que c'était pas une blague ?", ce à quoi j'ai eu droit à un "En même temps, t'es Française, t'es beaucoup trop classe, sophistiquée pour ça." 

Minute de réflexion. 

Rester "classe" ou avoir des moments très embarrassants type "je grimpe sur les genoux de machin et j'embrasse des inconnus, et je demande mon boss en mariage"?
Mon coeur balance.

Je dois avouer que cette tendance à vouloir aller direct à l'excès, avec le cadeau amical de ton estomac le lendemain qui s'appelle gueule-de-bois, ça reste flou dans mon esprit.
Ma prochaine expérience est de leur faire un cocktail de jus de fruit et leur dire qu'il ya 17% d'alcool dedans pour voir s'ils se jetteraient dessus. Le pire, c'est que je suis certaine qu'ils essaieraient tous, sachant que le but, c'est quand même d'oublier ton prénom en 10 minutes.

Du coup, maintenant, je suis incapable de boire une bière. En servir des centaines par jours, avoir l'odeur sur moi constamment et voir Robert, 54 ans, boire sa 4ème Foster à 10.30 du matin m'a rapidement fait déchanter.
Et je suis de moins en moins indulgente avec les gens bourrés. L'excuse du "je me contrôlais pas, c'était pas ma faute, j'étais bourré(e)" ne passe plus du tout avec moi, déjà qu'elle ne passait pas des masses. (Au passage, j'ai toujours trouvé ça con les "je ne me contrôle pas". Attends l'ami, tu choisis de ne pas te contrôler non ? Personne ne te force à faire quoi que ce soit) 

Heureusement, celui qui me dégoutera du vin n'est pas encore né.

Bisous, bisous.

J.  


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1 commentaire:

  1. Juste pour être sure... en 1998 t'avais 6 ans non?!

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